Quand j’étais en primaire, la télévision avait pour moi quelque chose d’un portail magique.
Chaque jour, après l’école, je me posais devant le petit écran pour retrouver mes héros préférés. Et parmi tous les programmes, il y en avait un qui régnait comme un empereur sur mes après-midis d’enfant : le Club Dorothée. C’est là que j’ai découvert une grande partie des dessins animés qui ont nourri mon imagination. Et parmi eux, celui qui occupait une place royale dans mon cœur d’enfant : Dragon Ball Z.
À l’époque, j’adorais déjà écrire des histoires. Je remplissais des cahiers entiers de récits inventés, de mondes imaginaires et d’aventures improbables. Bien sûr, je ne connaissais pas encore le mot fanfiction. Pour moi, c’était simplement une évidence : quand on aime une histoire, on a envie d’en raconter d’autres. Alors j’ai écrit des histoires avec les personnages de Dragon Ball Z.
Parmi toutes celles que j’ai inventées, il y en a une dont je me souviens encore très bien aujourd’hui. Une histoire gigantesque, à l’échelle de l’espace. Dans mon imagination d’enfant, un grand tournoi de l’univers était organisé quelque part dans le cosmos. Le principe était simple : chaque planète envoyait ses meilleurs combattants pour participer au tournoi.
Dans mon souvenir, il y avait par exemple :
- la Terre
- la planète de Freezer
- une planète peuplée de robots
- une planète habitée par des dragons
- plusieurs planètes remplies d’extraterrestres étranges
Et sans doute bien d’autres que j’ai oubliées depuis. Chaque monde envoyait ses guerriers les plus puissants pour se battre dans une immense arène spatiale. Le vainqueur du tournoi obtenait un prix incroyable : la possibilité d’invoquer un dragon capable d’exaucer dix vœux.
Évidemment, à la fin de l’histoire… c’était Sangoku qui gagnait. Sinon, ce n’est pas drôle. Et les dix vœux qu’il formulait n’avaient rien à voir avec la domination de l’univers, la richesse ou le pouvoir. Non. Tous ses vœux concernaient… de la nourriture.
Parce que dans mon esprit d’enfant, il n’y avait rien de plus logique.
Si Sangoku pouvait demander n’importe quoi, pourquoi ne demanderait-il pas des montagnes de plats, des festins sans fin et de quoi manger pour toute la galaxie ?
Je ne sais plus combien de pages faisait cette histoire. Je l’avais écrite dans un cahier d’école, avec mon écriture d’enfant, sans doute pleine de fautes, de dessins dans les marges et de combats improbables. Ce cahier a probablement disparu depuis longtemps. Jeté à la poubelle au cours d’un tri de chambre, perdu dans un déménagement ou simplement oublié quelque part avant de disparaître.
Et pourtant, parfois, je donnerais presque n’importe quoi pour pouvoir le relire aujourd’hui. Pas parce que l’histoire était forcément bonne. Mais parce qu’elle contenait quelque chose de précieux : le moment exact où un enfant découvre le plaisir d’inventer des mondes. Et ça, même trente ans plus tard, c’est une magie qui ne disparaît jamais vraiment.


